Retard de vaccination : faut-il s’inquiéter ?

Si la campagne de vaccination s’est considérablement accélérée ces deux dernières semaines en France, cela ne lui a pas encore permis de rattraper son retard sur des pays comme le Royaume-Uni ou encore les États-Unis. La France a perdu beaucoup de temps.
En effet, contrairement à Israël, au Canada ou aux États-Unis qui ont pris des risques, l’UE a été ainsi soucieuse de négocier les vaccins (Pfizer, AstraZeneca, Johnson & Johnson, etc.) aux meilleurs prix. L’Union européenne a obtenu, outre le prix, un meilleur encadrement juridique.
Avec deux mois de retard, le but de 80 % de la population vacciné avant juillet, paraît toutefois impossible. Ce retard pourrait coûter plus de 150 milliards d’euros à l’Union européenne.
Il est à noter que l’UE s’est fixée pour but de vacciner environ 80 % de la population contre le nouveau coronavirus d’ici fin août. Mais l’accélération du rythme est entravée par les retards de livraison et la lenteur des campagnes. Depuis début mars, la situation s’est dégradée.

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Le retard vaccinal en France correspond donc à la moyenne européenne. Si la situation ne s’améliore pas, il coûtera 30 milliards d’euros, à cause de 5 milliards par semaine de délai.
“Cela limitera ainsi la croissance du Produit Intérieur Brut en 2022 à 6 % au lieu de 7. 2 %”, détaille le journal de l’Afrique.
Sur le plan de vaccination initial, la Suisse a autant de retard que la France, soit deux mois de retard. Mais l’économie de cette dernière souffre un peu moins.
Le retard de vaccination dans l’Union européenne, la perte de confiance et les incertitudes qu’elles engendrent, peuvent néanmoins décourager les acteurs économiques. Et cela pourrait même creuser le décalage avec la Grande-Bretagne et les États-Unis, a ajouté David Malpass, le président du groupe de la Banque mondiale.
Les livraisons sont trop lentes, et les doses sont peu nombreuses. Face au ralentissement de livraisons et aux attaques constaté particulièrement du côté d’AstraZeneca, l’UE a dégainé le dispositif, début février, qui prévoit des autorisations d’exportation de doses de vaccins contre le nouveau coronavirus hors de la Commission européenne. Le mécanisme COVAX a été renforcé la semaine dernière.
Le président de l’Organisation Mondiale de la Santé, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, demande aux laboratoires de partager 60 % de leurs vaccins avec COVAX. Il est à noter que COVAX avait livré environ 90 millions de doses de vaccins dans 130 territoires et pays. Bien moins que prévu.