L’Afrique post-Covid-19 : une feuille de route s’impose

Pour surpasser l’impact économique et sanitaire, le continent africain doit se restructurer et repartir d’un nouveau pied, souligne le journal de l’Afrique.
L’Afrique, frappée d’une présomption de fragilité, a pourtant fait la preuve de sa résilience. En effet, le continent africain n’a pas été touché de manière uniforme. Le choc a été cependant violent pour les grandes économies de la région, souvent tributaires des exportations des matières premières, comme l’Afrique du Sud, l’Angola ou encore le Nigeria.
Ce dernier cumulait déjà de nombreuses années de croissance faible et, durement touché par la pandémie mondiale de coronavirus, a décrété un confinement très strict (couvre-feu, fermeture des restaurants, des commerces, des écoles, etc.), qui a, entre autres, ravagé l’activité du pays.

     L’Afrique épargnée, mais éprouvée…

La performance de l’ensemble de la région a été cependant pénalisée par la violence de sa récession. Au Sénégal, dont la croissance est aujourd’hui liée notamment à la demande européenne en pétrole ou en tourisme, la déclaration a été également considérable, contribuant ainsi à l’augmentation des taux d’endettement. En Côte d’Ivoire, la dette représente désormais 90 % du Produit Intérieur Brut. Certains États ont pourtant bien résisté économiquement. Le Bénin est l’un des rares pays à avoir su maintenir une croissance positive grâce essentiellement à la réponse du gouvernement et à la taille de son marché intérieur. Les pays qui ne dépendent pas des matières premières, comme le Burkina Faso ou encore la Côte d’Ivoire, ont également réussi à déjouer les pronostics les plus sombres. Quant à l’Afrique centrale, la récession y a été trois fois moindre que dans le reste du continent. Cette région, en proie à des difficultés climatiques, sécuritaires et alimentaires persistantes, est néanmoins peu tributaire des capitaux étrangers ou du commerce, et a pu bénéficier de la remontée des cours de l’or.
Selon indice bonheur pays, la chute du revenu par tête pourrait effacer quinze ans de progrès sur le front du développement. Plus de 50 millions d’Africains sont actuellement menacés de retomber dans la pauvreté extrême. La sécurité alimentaire, la santé et l’éducation risquent d’être affectées durablement dans les régions les plus vulnérables.
D’après le Fonds Monétaire International (FMI), le manque de marge de manœuvre budgétaire des autorités, le recul des transferts de fonds opérés par les migrants et les mesures de confinement ont contribué indirectement à cette récession d’une ampleur inédite.