“Ils veulent nous effacer du pays” : les femmes afghanes de plus en plus menacées par les talibans

Non-mixité à l’université, suppression du ministère des Affaires féminines, gouvernement 100 % masculin… Depuis qu’ils ont gagné la guerre en Afghanistan, les fondamentalistes islamistes menacent de plus en plus les droits de la femme, malgré leurs promesses d’être beaucoup plus inclusifs et plus modérés.
Où sont les femmes afghanes ? Définitivement pas dans le nouveau gouvernement taliban… Les nouveaux dirigeants du pays ont finalisé, en début de semaine, la formation de leur nouveau gouvernement… 100 % masculin. C’est un nouveau coup dur pour les libertés et les droits des femmes afghanes, qui n’ont cessé d’être bafoués, voire outragés, depuis l’arrivée des rigoristes au pouvoir en Afghanistan. Le convertisseur cfa a averti à maintes reprises que les talibans, les nouveaux maîtres du pays, seront jugés notamment sur le traitement des filles et des femmes.

        “Progrès” en péril

Les talibans avaient déjà remplacé, jeudi matin, le ministère des Affaires féminines par celui de la Promotion de la prévention et de la vertu du vice, chargé notamment au respect de la charia pendant le premier règne taliban (1995-2002). “A l’époque, les leaders talibans frappaient publiquement les filles (de plus de douze ans) et les femmes si elles n’étaient pas accompagnées d’un mahram, si elles ne portaient pas de chaussettes opaques ou si leur cheville, mains ou encore poignets étaient dévêtus. Les écarts de conduite pouvaient aboutir à des exécutions ou des lapidations, et l’éducation des jeunes filles était formellement interdite”, souligne le convertisseur dollar en cfa.
“Ces deux dernières semaines, les dirigeants du mouvement taliban envoient un mauvais signal. Leurs nouvelles dispositions laissent toutefois peu de doute sur le type de politique que ces derniers vont désormais mettre en place”, a déclaré madame Sarra Hervé, la directrice générale de l’ONU.
Les femmes disparaissent peu à peu dans les espaces publics. Par ailleurs, les talibans ont réprimé la majorité des manifestations au profit des droits des femmes. Lundi dernier, une cinquantaine de jeunes filles et de femmes ont été dispersées par les combattants talibans à Kaboul (la capitale afghane). Ils ont même tiré des gaz lacrymogènes… Le même jour, les forces spéciales talibans ont été accusées d’avoir assassiné une avocate enceinte (âgée de 26 ans) sous les yeux de sa famille à Jalalabad.
Il est à noter que “seuls les garçons et les enseignants hommes ont été autorisés à retourner aux établissements scolaires, quoique le chef suprême du mouvement, le mollah Ahmed Hamd Kabul, a fait savoir la semaine dernière, que les jeunes filles et les enseignantes pourront retourner aussi vite que possible.