Dettes africaines : la cadence des moratoires s’accélère

Le Sénégal est l’un des premiers pays au monde dont le club de Paris (dont le rôle principal
est de trouver des solutions durables et coordonnés aux difficultés de paiement de pays
endettés) a suspendu le service des dettes. Trente pays d’Afrique sont en attente de la
même mesure. Le groupe de la Banque Mondiale a appelé à libérer le continent africain de
son épée de Damoclès : sa dette – estimée à environ 950 milliards de dollars fin 2020.
Les créanciers du club de Paris et les ministres des Finances du G20 (ou le Groupe des
vingt ; composé des 20 pays les plus riches) se sont ainsi accordés sur un moratoire
temporaire pour le service de la dette. Le débat sur l’annulation ou le report de la dette
africaine reste quant à lui ouvert. Dans son Global Economic Prospects de février 2020, le
groupe de la Banque Mondiale s’inquiétait de l’accumulation des dettes publiques africaines.
En effet, cette institution financière internationale la considérait comme étant
problématique, en termes de transparence des conditions d’endettement comme de
soutenabilité. La moyenne est toutefois passée, de 2012 à 2020, de 51 % du Produit
Intérieur Brut à 60 %. En Afrique, les investissements étrangers ont connu un ralentissement
important vu que les besoins se sont amplifiés en Occident. Même les réformes
économiques structurelles en cours ont connu un ralentissement sensible créant ainsi une
inquiétude quant à leur pertinence et leur durabilité, et un attentisme. Déjà fragilisées, les
finances publiques ont connu une déroute, voire un échec.

   Le G20 s’apprête à alléger, voire annuler la dette de 40 Etats africains

 

Au cours des trois dernières années, le ratio de la dette publique par rapport au Produit
Intérieur Brut a plus que triplé dans la majorité des pays africains (comme la Côte d’Ivoire, le
Togo, le Congo, le Bénin, le Cameroun, le Burkina Faso ou encore le Rwanda). La dette
africaine reste néanmoins très élevée, malgré l’allègement des dettes multilatérales en 2009
ou encore les annulations du club de Paris en 2000.
La crise économique devrait faire chuter la croissance du continent africain qui, selon
Macky Sall, le président sénégalais, devrait passer de 4. 9 % en 2020 à – 2. 3 % cette
année.
De ce fait, le groupe de la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International ont
appelé, début février, les pays créanciers (à savoir la Chine qui est à ce jour le premier
créancier au monde), le Japon, le Pékin et les États-Unis) à suspendre le service de la dette
des régions les plus pauvres en vue de leur permettre de mieux supporter le choc et
conserver des liquidités.