Dette de l’Afrique : une nouvelle urgence !

 

Une cinquantaine de pays d’Afrique (à savoir la Tunisie, le Burkina Faso, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Congo ou encore l’Algérie) vont bénéficier d’une suspension de leurs dettes durant dix mois, une disposition d’urgence décidée par le groupe de Paris (groupe de créanciers publics dont le rôle principal est de trouver des solutions durables et coordonnées aux difficultés de paiement de régions endettées) en vue d’aider les économies africaines déjà vulnérables pétrifiées par le ralentissement lié à la pandémie mondiale de covid-19.
Un report qui ne devrait représenter qu’une partie (petite) de l’endettement global de l’Afrique estimé à 490 milliards de dollars. Par ailleurs, outre les crédits accordés, le continent africain a émis de la dette sur le marché financier international.

 

    Un moratoire d’abord…

Des appels avaient été ainsi lancés pour que les dettes soient simplement et purement annulées. Sans fermer la porte, le groupe de Paris et le G20 (groupe des vingt) ont cependant opté pour une suspension.
De nombreux pays ont connu, ces trois dernières années, des allègements de dette, au titre de l’initiative du Fonds Monétaire International et du groupe de la Banque mondiale au profit des pays pauvres endettés. “On doit instaurer un moratoire sur le paiement de l’ensemble des dettes multilatérales et bilatérales… On demande également à tous les partenaires du développement du continent africain d’allouer leurs budgets”, a déclaré Akinwumi Adesina, le président de la Banque Africaine de Développement (BAD).
Selon ce dernier, “il faut annuler le paiement des intérêts sur la dette une fois pour toutes, dont les sommes dépassent parfois l’emprunt originel”.
Le G20 (groupe composé de 20 États les plus riches, dont les présidents de pays, les chefs des banques centrales, et les ministres des finances se réunissent annuellement) s’est dit favorable, mercredi dernier, à la suspension du service de la dette des États pauvres, au moment où le groupe de la Banque mondiale et le Fonds Monétaire International cherchent à limiter les dommages de récession de l’économie mondiale. Selon le journal de l’Afrique, le président de la République française avait appelé, la semaine dernière, à ‘aider’ le continent africain ‘en annulant sa dette massivement’.
Les trésoriers des plus grandes économies du monde ont dit souhaiter, eux également, ‘aider le continent africain à faire face aux impacts économiques et sanitaires’ du coronavirus, mais ceux-ci n’envisagent qu’un moratoire sur le service de leur dette.