Dette africaine : la faute du coronavirus ?

La pandémie mondiale de coronavirus, qui a fait son apparition en décembre 2019 dans la ville chinoise de Wuhan, inflige au monde l’une des plus graves crises économique et sanitaire de son histoire. En effet, cette crise sans précédent vient aggraver les difficultés des pays fragiles, particulièrement de l’Afrique. De nombreux pays, pauvres et riches, subissent de plein fouet les conséquences significatives du changement climatique et du défi sécuritaire.
“Dans ce contexte de diminution brutale et importante des recettes budgétaires, de nombreuses dépenses restent cependant incompréhensibles, comme celles liées au respect de nos engagements financiers, à la poursuite de dépenses sociales prioritaires, à la lutte contre plusieurs maladies endémiques (les hépatites, le sida, la fièvre typhoïde, la rougeole, la méningite, la tuberculose, etc.) et au fonctionnement de nos organisations”, a souligné Macky Sall, le président du Sénégal.
Le président sénégalais a salué la rapide et forte mobilisation internationale. “L’accord du 13 avril au sein du club de Paris et les récentes dispositions au profit des pays africains, notamment l’allègement de la dette, l’illustrent bien”, ajoute-t-il.

 

    L’inflation est à craindre

Selon le journal de l’Afrique, les dispositions adoptées pour le continent africain se résument essentiellement à des moratoires sur le service de la dette publique et à des annulations de dette. Les instruments et les politiques mis en œuvre en vue de soutenir les économies des régions développées sont orientés notamment vers la mise à disposition de nouveaux financements et la mobilisation. Malgré la marge budgétaire immédiate que ces solutions offrent, elles présentent d’importants inconvénients à moyen et long termes.
Les dépenses des gouvernements sont ainsi appelées à augmenter rapidement en vue de contrer la propagation du virus.
Il est important de rappeler que la baisse importante des recettes a réduit significativement les marges budgétaires. “Dans ce contexte, un moratoire ou un allègement des dettes n’apporte pas de solutions formelles aux difficultés des pays. Il constitue toutefois un appel à l’indulgence des créanciers”, a souligné Wadagni Romuald, le ministre béninois des Finances et de l’économie.
Romuald Wadagni, contrairement à ceux qui, comme Emmanuel Macron (le chef de l’Etat français) et Alassane Ouattara (président de la République de Côte d’Ivoire), prônent l’annulation (ou le report) de la dette des pays d’Afrique en vue de faire face au coronavirus, estime que d’autres approches doivent être privilégiées.