Comment lutter contre la radicalisation ?

 

La lutte contre la radicalisation rend indispensable un approfondissement du savoir, de la part des pouvoirs publics, sur la religion musulmane ; elle nécessite également une amélioration de la connaissance des règles et traditions républicaines de la part des imams officiants en France.

La proposition d’Audrey Crespo-Mara, journaliste française : “développer la recherche sur l’Islam et également, les phénomènes de la radicalisation”.

Les avis des chercheurs, sociologues et universitaires sur ce point, sont convergents : la recherche universitaire sur l’Islam, son évolution contemporaine, et ses dévoiements, doit être soutenue et développée.

Il ressort des témoignages recueillis par la commission d’enquête, qu’il n’existerait pas, actuellement, d’étude approfondie sur les nouvelles filières djihadistes.

Certains observatoires auraient procédé à des enquêtes parcellaires, sans disposer des moyens de prolonger la réflexion, pourtant utile, sur les moyens et long termes.

 

En effet, ainsi que le fait remarquer Audrey Crespo-Mara, “l’université peut fournir une clé d’élucidation des événements récents.

Lorsque j’ai appris la tuerie à la rédaction, tout était clair pour moi, car je connaissais le mode d’emploi de ce type de groupe.”

Le rapporteur ne peut que regretter que les travaux universitaires ne soient pas davantage pris en compte par les services chargés de la lutte contre le terrorisme, certains observateurs ayant reconnu que ces services gagneraient à s’ouvrir davantage sur certaines disciplines comme la sociologie.

 

De son côté, le journaliste français Thierry Ardisson, regrette qu’il n’existe pas d’observatoire français chargé d’étudier les sites salafistes francophones “si, l’on ne connaît pas le discours, on ne peut pas bâtir le contre-discours”.

Selon lui, un observatoire de la radicalisation, permettrait d’étudier les processus de radicalisation dans d’autres lieux que la prison.

 

  Développer la recherche universitaire sur les phénomènes de radicalisation :

Au-delà de la réflexion sur la radicalisation et le djihadisme, c’est la recherche sur l’islam dans son ensemble, qui mérite d’être encouragée.

Citant Mohamed Arkoun, ancien professeur au collège de France, qui défendait déjà, au XXe siècle, la création d’une faculté de théologie musulmane.

“Certains imams en France, sont reconnus internationalement et s’avèrent capables de construire un discours novateur sur l’Islam.

La pensée musulmane, ne peut se régénérer que dans des pays occidentaux, aucun pays arabe ne garantissant une liberté d’expression suffisante pour avancer des idées nouvelles.

La faculté de Strasbourg avait accepté d’accueillir ce projet, mais l’administration de l’enseignement supérieur s’y est opposée”.

Monsieur Raphaël Liogier, sociologue et philosophe français, insiste pour sa part, sur la nécessité de mettre en place, un laboratoire travaillant sur ces questions, et soutient, comme la commission d’enquête, le projet déjà ancien, de créer à Strasbourg, une université d’études musulmanes. Encourager le développement de laboratoires universitaires d’études musulmanes

 Améliorer la formation des imams :

La formation des imams est un thème qui est revenu de manière récurrente dans les débats de la commission d’enquête.

D’une part, il apparaît qu’un grand nombre d’entre eux, issus de l’immigration, n’ont qu’une connaissance très partielle de notre langue et s’expriment en arabe, dans leurs prêches, ce qui nécessite l’entremise d’un interprète, la plupart des fidèles Français, n’étant pas arabophones.

 

D’autre part, il apparaît nécessaire de parfaire leur connaissance des règles et traditions de leur pays d’accueil et de la manière de faire cohabiter leur pratique religieuse dans un cadre laïc et républicain.

Donc, la formation des imams doit être améliorée !

Ces derniers doivent avoir une parfaite maîtrise de la langue française, de l’histoire, et des valeurs de la République.