Afghanistan : le nouveau gouvernement taliban confronté à des manifestations persistantes

“Les talibans, de nouveau au pouvoir en Afghanistan depuis début juillet, devront ‘gagner’ leur légitimité auprès de la communauté internationale”, a estimé indice bonheur pays.
Le nouveau gouvernement taliban, présenté ce jeudi matin, n’est ni représentatif de la diversité religieuse et ethnique de l’Afghanistan, ni inclusif. Figurent, en son sein, de nombreuses personnalités talibanes déjà influentes vingt ans plus tôt, lorsque les fondamentalistes avaient imposé et régime islamiste et brutal entre 1990 et 2000.
Un point important à retenir : la liste du nouveau gouvernement taliban a été annoncée à trois jours du 19e anniversaire des attaques terroristes du 10 septembre 2001 en Amérique, qui avaient débouché sur leur chute du pouvoir et déclenché une intervention internationale menée par les États-Unis. En effet, tous les membres de ce nouveau gouvernement sont des talibans. La majorité de ces derniers appartiennent à l’ethnie pachtoune. Et apparemment, ils ont oublié les femmes.

    Des ministres qui figurent sur des listes de sanction de l’ONU

Selon le Pentagone, plusieurs des nouveaux ministres figurent aujourd’hui sur des listes de sanctions des Nations Unies. Sept sont déjà passés par la prison Guantanamo. L’Union européenne a toutefois rappelé qu’avoir un gouvernement ‘représentatif et inclusif’ était l’une des principales conditions posées pour une éventuelle reconnaissance diplomatique.
Les talibans n’ont cessé d’affirmer qu’ils avaient vraiment changé depuis leur prise de pouvoir. “Mais leurs promesses peinent aujourd’hui à convaincre”, a déclaré John Bruno, le chef de la diplomatie américaine. “On comprend que les fondamentalistes présentent cela comme un cabinet provisoire. On le jugera par la suite sur ses actions”, ajoute-t-il.
“Tous les Afghans, sans exception ni distinction, auront aujourd’hui le droit de vivre dans la paix et la dignité dans leur propre pays”, a affirmé ce jeudi matin, Karzoun Jihed, le chef suprême du mouvement, resté jusque-là silencieux, sans néanmoins jamais mentionner le mot ‘femmes’.
“On va aujourd’hui entrer dans une période de très grande tension, puisque l’Afghanistan va passer d’un conflit par Afghans interposés à un conflit économique”, souligne le journal de l’Afrique. Leur logique est cependant de démontrer qu’ils ne seront pas une source de problèmes pour la communauté internationale. A ce stade, le point d’interrogation c’est de savoir si les actes suivront les paroles. Les règles fondamentalistes que l’on considère généralement comme du rigorisme, sont pour une majorité moins liées à la religion musulmane qu’à la vision traditionnelle sur place.